Publié par : Jade | avril 2, 2008

Mon royaume pour une carafe

Aujourd’hui je me suis souvenue d’une anecdote du temps au j’étais encore au lycée. Il parait que sous l’émotion de la colère et de l’adrénaline on peut faire n’importe quoi… Et bien c’est vrai. (Peux être que plus tard, je vous raconterai la façon dont j’ai finit à l’hôpital à cause d’une histoire de crête.)

Ce jour la, tandis que je mangeais tranquillement avec des amis a la cantine du lycée, je me suis portée volontaire pour aller remplir la carafe au point d’eau situé dans l’allée quelques mètres plus loin. Posant ma cruche sur le socle, je me souviens avoir tourné le dos le temps d’observer la salle ou quelque chose dans le même genre, mais lorsque j’avais retourné mon attention sur ma cruche celle-ci avait disparut et une autre avait prit place juste à coté, commençant à peine à se remplir. D’un air hébété j’ai tourné mon attention vers deux gars qui se marraient comme des mules et remarquai ma carafe entre les pattes de celui qui devait bien faire deux têtes de plus que moi.

Commençant à voir rouge tandis qu’ils se foutaient de ma gueule, et ne supportant pas l’idée de me faire rabaisser par des racailles, je leur tint à peux près ce langage.

« C’est ma carafe ça ! » fis-je d’un air indigné

« Vas-y, la tienne c’est celle la » me dit-il en montrant la carafe au trois quart vide.

« Non non non, j’suis désolé mais ça c’est TA carafe ! Rend moi la mienne »

Ce à quoi il rétorqua avec la grâce et la répartie que nous leur connaissons si bien

« Vas-y le pitbull casse toi la tu m’emmerde ! » (Je portais effectivement un collier avec des petits pics. Quelle imagination et quel sens de l’observation ! )

A présent totalement énervé, je répondis au quart de tour ne ménageant pas ma fureur face à ce molosse au QI de poisson rouge

« Le pitbull il t’emmerde et si tu lui rend pas sa carafe il va te sauter a la gorge »

Il répondit gentiment à mon agression en m’invitant à sortir de la cantine pour régler ça physiquement à l’extérieur loin des regards indiscret (ou plus simplement : je t’attend à l’extérieur pour te foutre ta branlée sale cabot). C’est à ce moment précis qu’un de mes amis arriva en renfort, me demandant ce qui se passait, je commençais à peine à lui expliquer la situation lorsqu’un Pion arriva et demanda à son tour pourquoi il y avait tant de raffut (et d’observateur de la scène).

Le gars lui expliqua SA version de l’histoire, et moi la mienne la colère toujours présente dans ma voix. Finalement le pion trancha en disant que vu que la carafe venait de finir de se remplir je n’aurais qu’à la prendre tandis que les autres prenaient la mienne. Le débat aurait pu se clore ici, si une jeune fille attirée par l’agitation n’était pas venue en demandant où était sa carafe. Elle eut beaucoup plus de recul que moi en comprenant la situation, je vous passe sous silence la joute verbale qui s’en suivit (le pion étant déjà loin), mais la fille, bien que prenant un air blasé, se saisit d’une autre carafe abandonnée et la remplie.

L’épisode était terminé, néanmoins la provocation tenait toujours au vu du regard que me lançait le gars, je retournais donc à ma place, finissant de manger rageusement mon repas. Lorsque j’eut finit, je le vis se diriger vers la sortie en déposant son plateau et je fis de même quelques minutes plus tard. Je vous laisse imaginer ma surprise et mon soulagement en m’apercevant que personne ne m’attendait à l’extérieur. Ce fut d’ailleurs un coup de chance, car avec mes 50 kg toute mouillé et l’adrénaline qui s’était fait la malle, je n’aurai pas tenu cinq minutes face à ce molosse.

 

La morale de cette histoire ? Il faut savoir s’affirmer même si la personne en face est beaucoup plus forte que vous, néanmoins, prendre du recul sur une affaire peut aussi être une bonne idée (et théoriquement la solution la plus rentable du point de vue d’un adulte avertit). Tout dépend si comme moi, vous avez le chic pour attirer les racailles en manque d’action. Dans ce cas la, je vous souhait d’être beaucoup plus baraqué que moi :3

Ah la ville !

La foule qui marche sur les pavés que la société lui à gentiment « donné », ces gens qui se croisent et se dépassent sans même faire attention à ce qui les entours. Cette masse de couleurs qui fourmille dans les rues sans s’arrêter, toujours pressée, toujours assoiffée de pollution et pour la plupart, toujours la clope au bec.

J’ai horreur de la ville. Je l’évite comme la peste. Moi, mon truc, c’est la campagne, des hectares de vignes s’étendant à perte de vue entourées de vastes plaines. Mais je m’éloigne de mon sujet initial.

La jungle urbaine.

Ce matin la, tandis que je marchais d’un pas pressé pour rejoindre ma voiture et me tirer de cette pollution humaine, mon regard croisa une dame d’un certain age, qui fouillait activement (et désespérément) dans son sac, une cigarette maintenue fermement entre ses lèvres. Songeant qu’elle devait avoir oublié son briquet, je me suis naturellement approchée d’elle, dégainant d’un geste souple et rapide l’outil de sa délivrance. La dame fut surprise sur le moment mais alluma sa cigarette et me remercia. Lui souhaitant une bonne journée je repris rapidement mon chemin mais quelques pas plus tard une pensée germa dans ma tête. Une pensée qui me fit me retourner et afficha probablement un air déstabilisé sur mon visage.

Cette femme, venait-elle de me remercier pour lui avoir apporté mon aide, ou pour lui permettre de mourir plus rapidement d’un cancer du poumon ?

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